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Nouveau blog
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Merci aux membres du comité Arnaud, Hervé, Camille ,Sophie, Fanny, Christophe, ma grande amie Laurence et Marion (et tous les autres membres d'Agir Pour Ingrid).

Un gros merci à mes collègues d'Arcachon.
Ma très patiente et sensible directrice Sabine, mes adorables collègues Audrey et Sandra et ma petite Soeur Christelle et à l'ensemble du personnel du SIBA ainsi qu'aux élus du Bassin d'Arcachon et de Gironde.

Et aussi merci de vous avoir croisé vos chemins (spirituellement) Fabrice, Mélanie et Lorenzo et mon plus profond respect à vous Ingrid Betancourt. Nous devons continuer, vivre c’est s’engager

Encore un grand merci pour Sabine, Christelle et laurence, sans ma "maman", ma "petite soeur" et ma "jumelle" je n'aurais pas pu faire cela, vous m'avez donner un équilibre et vous m'avez rattraper quand j'ai perdu le cap, sans vous je n'aurais pas pu me relever aussi rapidement, ce comité m'a permis de faire de très belle rencontre de voir de belle personne.

Dans chacune de vous je retrouve de la dignité, du courage et la determination, les valeurs d'une certaine personne...

Merci Sabine, j'attends tes récits...
Merci Christelle, je reçois ta gentillesse...
Merci Laurence, je t'attends...

bonne route à tous, ce fut un beau moment...

Mais nous avons un nouveau combat

22 mars 2008

COLOMBIE • Clara Rojas: "L'accouchement a été un vrai traumatisme"

courrier international 22 mars
Pablo Biffi et Hinde Pomeraniec Clarín


La détention de Clara Rojas, enlevée par les FARC avec Ingrid Betancourt le 23 février 2002, a duré près de six ans. Très discrète depuis sa libération, le 10 janvier dernier, elle revient, dans une longue interview au quotidien argentin Clarín, sur ce calvaire interminable et la naissance, dans des conditions dramatiques, de son fils Emmanuel en pleine forêt colombienne.
Extrêmement maigre, élégante et chaleureuse, Clara Rojas n'élude pas les questions. Même si elle invoque son droit à l'intimité ou le droit pour Emmanuel, son fils né en captivité, de vivre une vie normale, elle se penche avec nous sur tous les instants de son drame au dénouement heureux, elle qui fut pendant six ans l'otage des FARC dans la forêt colombienne.
Comment se passait une journée dans la forêt ?
CLARA ROJAS : La vie y est difficile, parce que c'est une routine très monotone. Si nous sommes poursuivis, il faut se lever très tôt, s'habiller et partir. On dort habillé presque tout le temps. Il s'agit donc juste d'enfiler ses bottes, de se débarbouiller vite fait, et c'est parti pour des heures de marche, toute la journée. Quand on marche dans la forêt ou qu'on est en bateau ou ce genre de choses, on se déplace, il y a du mouvement, ça occupe l'esprit.
Il y avait de l'action…
Oui, mais toujours la même. Finalement, on finit par sombrer dans la fatigue et la sueur. C'est très lourd. Puis on arrive, où que ce soit, et il faut déterminer comment on va s'installer et dormir. C'est arrivé très souvent. On m'a demandé combien de fois j'avais été déplacée, mais je ne sais pas, il y en a eu tellement que j'ai perdu le compte. Et puis il y a un autre état, quand on reste au même endroit longtemps. "Longtemps", cela veut dire quelques mois, je ne suis pas restée au même endroit pendant six ans. Tu arrives, et ils organisent le site, ils débroussaillent la zone. C'est dans ces moments-là, lorsqu'on est tranquille à un endroit, qu'on peut se lever très tôt, essayer d'écouter la radio pour avoir les infos, se laver, avoir le temps de prier. Quand j'ai eu l'occasion de lire, je l'ai fait, même s'il y avait peu de livres. Et quand j'avais mon bébé, il m'occupait en permanence.
Comment se passaient les déplacements après la naissance d'Emmanuel ?
C'était un moment fort, qui m'a permis de faire abstraction de ce que je vivais. Je vivais normalement : me réveiller pour le nourrir, lui changer sa couche. C'était très difficile, nous n'avions pas tout ce qu'il est courant d'avoir ici. Il fallait par exemple fabriquer des couches avec des draps. Et les laver plusieurs fois par jour, parce qu'il n'y avait pas de couches jetables. Comment s'est passée votre grossesse ?
Ce fut une grossesse normale, j'étais en bonne santé. Même si, les premiers mois, nous étions sans cesse déplacés. Ce qui était dur, c'était lorsque l'on ressentait le harcèlement de l'armée colombienne. Lorsqu'on se trouve avec des gens malades et qu'il faut tout faire rapidement, sous la pression non seulement de l'armée qui s'approche mais aussi des guérilleros en armes. Ce sont ces moments qui ont rendu ma grossesse difficile.
Vous avez été d'accord pour être séparée de votre enfant ?
Je voulais qu'il reçoive des soins médicaux, parce qu'il en avait besoin. Je ne pouvais pas me voiler la face : dans la jungle, on n'a rien, et s'il lui était arrivé quelque chose, il aurait pu mourir. Ç'a été une décision difficile, mais je gardais l'espoir que mon fils serait remis à la Croix-Rouge, comme je le leur avais demandé.
Vous leur avez proposé de le remettre à votre mère ?
Oui, mais ils ne l'ont pas fait. Ils m'ont fait miroiter cette possibilité, et j'ai donc accepté la séparation. Ils m'avaient dit qu'elle ne durerait que quinze jours. Disons que j'ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Mais les années ont passé, et ç'a été très dur. Ils me disaient que mon enfant allait bien, mais ce n'était pas vrai.
Comment s'est passé l'accouchement ?
Un vrai traumatisme. Cela a été très dur pour moi de m'en remettre, j'étais très affaiblie. J'étais sous l'empire d'une drogue très forte ; j'avais beaucoup maigri, perdu beaucoup de sang, et si je ne m'étais pas secouée, j'aurais pu mourir. Il y a eu trente, quarante jours très difficiles. Puis j'ai compris qu'il fallait que je recommence à m'alimenter, que je me remette vite pour pouvoir élever mon fils.
Vous ne l'avez pas allaité ?
Je ne pouvais pas : le lait ne montait pas. Et, vu tous les médicaments qu'on me donnait, il aurait de toute façon été mauvais.
Qu'avez-vous ressenti en découvrant que vous étiez enceinte ?
C'est un sentiment compliqué : j'avais toujours voulu avoir un enfant, mais bien sûr pas dans la jungle. J'ai été prise d'une angoisse terrible, je me disais "Mon Dieu, pourquoi ici ?". C'était très dur, parce que je suis très citadine : j'espérais comme tout le monde accoucher dans un hôpital, avec une assistance médicale. J'imaginais pouvoir faire des échographies pour suivre ma grossesse…
Quelles sont vos relations avec votre enfant ?
Il m'appelle mamá, mamita à longueur de journée, je suis sur un petit nuage. Mais il y a des choses qui m'inquiètent, comme cette exposition médiatique excessive. Ce que je veux pour lui, c'est qu'il puisse être un petit garçon normal. Que tout ça ne l'accapare pas, que ça ne le perturbe pas.
Comment s'est passée votre première nuit avec lui, après votre libération ?
Je n'ai pas arrêté de le regarder, bouche bée : il était tellement plus grand ! Et puis, c'est une responsabilité énorme, je suis le papa et la maman de mon fils. Ma famille me soutient, mais c'est moi qui ai le plus à fournir.
Il réclame son père ?
Pas encore, il est trop petit (il aura 4 ans en avril). J'imagine qu'il finira par le faire, et qu'à ce moment-là, Dieu m'éclairera, non ?
Clara, vous n'abordez pas le sujet, et la seule version que nous avons est celle du journaliste Jorge Enrique Botero, qui affirme dans son livre [Últimas noticias de guerra, paru en février 2006 en Colombie] qu'Emmanuel est le fruit d'une relation librement consentie avec un guérillero.
Mais je n'ai jamais eu la moindre "relation" et n'ai jamais évoqué ce genre de choses ! Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ? J'ai dit qu'il avait globalement raison, mais jamais je n'ai donné le moindre détail.
Alors, quelle est la vérité ?
J'ai le droit de protéger ma vie privée, et mon fils aussi, car je le fais aussi en pensant à lui. Ce que je veux, c'est que mon fils n'ait pas de doutes, pas de peurs non plus, qu'il ait une vie normale.
Mais c'est à cause de cette version des faits que tout le monde voit Emmanuel comme l'"enfant de la grande tragédie colombienne".
Oui, et c'est vrai. Il l'est parce que je suis une femme otage, j'ai été otage. Dans ce sens, je comprends. Mais de là à approfondir la question… Je m'efforce de mettre des limites à la médiatisation de ma vie privée, je veux que ça continue.
Votre vision politique des FARC a-t-elle changé depuis votre enlèvement ? Evidemment. Finalement, je ne vois rien, et c'est ce qui me fait le plus mal. J'ai mal à mon pays, je ne vois aucun horizon [aux FARC], aucune direction, ils n'ont pas de discours politique qui leur permette de se présenter comme une alternative.
Vous regrettez d'être restée avec Ingrid ? [Le 23 février 2002, au moment où Ingrid Betancourt était enlevée par des guérilleros des FARC, elle l'a spontanément suivie, alors qu'elle allait être relâchée, comme les autres occupants de la voiture].
Les regrets ne servent à rien, mais c'est sûr que je me suis trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Ma solidarité avec Ingrid m'a poussée à l'accompagner dans une situation dangereuse. C'est là que je me suis trompée, parce que pas plus qu'elle je ne me suis dit que nous étions un objectif militaire.
On raconte que vous vous êtes disputées après une tentative d'évasion. C'est vrai ? Non, je crois que dans une situation aussi dramatique, il n'y a pas de place pour les disputes. Il y a des différends, dans la vie quotidienne, dans l'amitié, mais ce sont des peccadilles dans une tragédie pareille. En fait, ils nous ont séparées. Et moi, j'étais très occupée par mon fils, très centrée sur lui, parce qu'il le fallait, vous comprenez. Je souhaite le meilleur à Ingrid.
Vous vous imaginez dans les bras l'une de l'autre ?
Bien sûr, évidemment, je n'ai absolument rien contre elle.
Comment avez-vous pris la nouvelle de la mort de Raúl Reyes ? Vous le connaissiez ?
Disons que je ne m'y attendais pas. Je ne le connaissais pas. Je crois que sa mort met fin au mythe des FARC invulnérables, eux aussi subissent des coups durs. Nous sommes à un moment où les gens croient qu'on ne peut rien faire, et il me semble qu'un mythe s'est effondré. D'une certaine façon, cela va les pousser à négocier.
Vous croyez que cet événement ne ralentit pas le processus de libération des otages, qu'il l'accélère au contraire ?
D'une certaine manière, cela les a amenés à un carrefour : ou ils continuent sur le même chemin, et alors il est possible qu'ils soient encore nombreux à mourir, ou alors ils cherchent une sortie, une solution.

20 mars 2008

Ingrid Betancourt: la France joue "un rôle crucial" dans le nouveau plan

Romandie News - AFP - 20 mars
PARIS - L'ex-otage Luis Eladio Perez a affirmé jeudi à l'AFP que la France jouait un "rôle crucial" dans le plan qu'il est venu présenter au président français Nicolas Sarkozy pour la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt détenue par la guérilla des Farc.
L'ex-sénateur a indiqué que dans la première version de son plan figurait l'idée d'un accueil "en territoire français -en Guyane, en Martinique-" de guérilleros emprisonnés en Colombie que la France pourrait échanger avec les Farc contre des otages, dont Ingrid Betancourt.
"Mais cette idée que j'avais avancée a été enrichie et modifiée à la demande du gouvernement français", a souligné M. Perez, libéré récemment par la guérilla marxiste à la demande du président vénézuélien Hugo Chavez.
Il commentait l'entretien accordé à l'hebdomadaire Paris-Match où il évoquait l'accueil en France, "en Guyane par exemple" de guérilleros de haute importance pour les Farc qui seraient échangés "directement entre la France et la guérilla". "Il a été réalisé une semaine avant ma visite à Paris", a-t-il souligné.
"La France va jouer un rôle crucial. Mais pour que ça marche, il faut un peu de discrétion", a-t-il réaffirmé, "ne serait-ce que parce qu'il faut qu'il soit présenté au président (colombien) Alvaro Uribe et à Hugo Chavez", a-t-il estimé.
M. Perez, qui doit quitter la France dimanche, a affirmé qu'il devait rencontrer M. Uribe lundi et M. Chavez "la semaine prochaine".
Les Farc veulent échanger 39 otages dits "politiques" aux mains de la guérilla, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre la libération de quelque 500 guérilleros emprisonnés.
M. Perez, qui a passé plus de six ans aux mains des Farc, a répété qu'il était "très optimiste" quant à une libération prochaine d'Ingrid Betancourt et qu'il était "certain" que M. Uribe accepterait son plan.
Du côté de la guérilla, il s'est de nouveau dit "sûr de la volonté des Farc de négocier" la libération des otages, en dépit selon lui "de positions divergentes" au sein de la guérilla, l'aile militaire semblant hostile à une négociation politique avec M. Uribe.
Selon des sources proches du dossier, le plan de M. Perez comprendrait plusieurs étapes: une reconnaissance politique des Farc, la suppression de la guérilla de la liste européenne des organisations terroristes et une proposition d'asile permettant l'accueil de guérilleros libérés sur le territoire français.
Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle colombienne, a été enlevée le 23 février 2002, et est apparue très amaigrie et déprimée dans une vidéo et une lettre reçues en décembre par sa famille.

19 mars 2008

Chili : la présidente s'engage à agir immédiatement et efficacement pour la libération de Betancourt

La présidente chilienne, Michelle Bachelet, s'est engagée en public mardi à travailler activement à la libération d'Ingrid Betancourt, l'otage franco-colombienne détenue depuis 2002 par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le plus grand groupe rebelle de Colombie. Après avoir rencontré Mme Bachelet mardi, l'époux d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, a confié à la presse : "Je lui ai expliqué que nous nous trouvons à un moment crucial et qu'il est temps pour elle de nous aider. Elle nous a promis d'agir d'une manière immédiate et efficace".
Mme Bachelet a été "chaleureuse et très humaine", a ajouté M. Lecompte. M. Lecompte, dont l'épouse a été enlevée lors de sa campagne pour la présidente colombienne, a également présenté un plan en vue de libérer les otages retenus par les FARC, dressé par Luis Eladio Perez, un ancien sénateur colombien libéré le mois dernier après six ans de captivité. Mme Bachelet, première femme présidente du Chili, a affirmé que le plan a déjà reçu le soutien de son homologue colombien, Alvaro Uribe. M. Perez doit présenter le plan au président français, Nicolas Sarkozy, intéressé par l'affaire des otages car Mme Betancourt posséde la nationalité française. L'époux de Mme Betancourt a en outre apprécié la médiation du président vénézuélien, Hugo Chavez, avec les FARC qui a abouti à la récente libération de six otages

Pour comprendre le conflit colombien

Patrice Zehr : Le Reporter
le 19 mars 2008

Il n’est pas facile de comprendre la dégradation de la situation en Amérique du sud autour du problème des otages des Farc. On a le sentiment que la libération des otages devrait s’imposer naturellement par obligation humanitaire.
A cela s’ajoute le constat que cette stratégie de l’enlèvement n’a rien changé en 40 ans de lutte. En fait tout est très compliqué. Non seulement les enlevés sont otages des Farc, mais en plus ils le sont de rivalités, proches de la haine, entre les dirigeants de la région qui sont concernés. Entre l’Equateur, le Venezuela et la Colombie il y a des contentieux frontaliers et idéologiques.
Le numéro deux de la guérilla a été tué en territoire équatorien. Quito dénonce une atteinte à son intégrité territoriale, mais Bogota accuse l’Equateur d’accepter d’être un sanctuaire de rebelles. Chavez voit en Uribe, une créature des Américains et Uribe voit en Chavez un dangereux gauchiste complice d’un mouvement marxiste devenu mafieux et responsable selon lui de « génocide ». Tout cela ne facilite certes pas le dialogue et la volonté du président Sarkozy de sauver Ingrid Betancourt qui a la double nationalité colombienne et française. L’hyper médiatisation de son cas par rapport aux autres otages des Farc ne facilite pas non plus une approche globale du problème et il faut bien convenir que le sort d’Ingrid est plus sensible aux « bobos » français qu’a la population colombienne.
Mais il faut savoir pour bien comprendre qui est qui. Qui sont les Farc ?
C’est au début des années 1950, que Pedro Antonio Marin (son vrai nom), alias « Tirofijo » (« Tir précis », son premier surnom), fonde une milice paysanne d’autodéfense comme le pays en compte tant. C’est l’époque de la Violencia (1948-1953), cette guerre civile d’une sauvagerie inouïe durant laquelle la police, inféodée au Parti conservateur, persécute les paysans soupçonnés d’accointances avec le Parti libéral. La Colombie sombre dans l’anarchie. Le bilan est sanglant : 300 000 morts. Certaines milices d’autodéfense se livrent au bandolerismo (le banditisme). Pas celle de Tirofijo. Influencé par le marxisme-léninisme du parti communiste colombien et par la révolution cubaine, le jeune agriculteur crée, avec une cinquantaine d’autres paysans et leurs familles, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
Nous sommes en 1964. Initialement, les Farc se développent lentement et se financent grâce à un « impôt révolutionnaire », la vacuna (vaccin), prélevé sur les éleveurs de bétail. En 1980, la guérilla marxiste compte 3.500 combattants déployés sur neuf fronts. Avec le boom de la cocaïne dû aux narcotrafiquants qui s’implantent dans les territoires contrôlés par la guérilla s’ouvrent de nouvelles perspectives. Les Farc lèvent un nouvel impôt, le gramaje (grammage), calculé sur la production de poudre blanche. Dans les années 1990, la guérilla s’implique directement dans le trafic. Celui-ci constitue aujourd’hui sa première source de financement, avant les enlèvements contre rançon et tous les « impôts révolutionnaires ». Fortes d’un budget quotidien estimé à 1 million de dollars, les Farc mobilisent, sur 60 fronts différents, une armée de 15.000 hommes... dont 90% sont originaires du monde rural. Manuel Marulanda Velez a face à lui un président intraitable. Alvaro Uribe Vélez est né le 4 juillet 1952 à Medellin (Colombie). Son père, Alberto Uribe Sierra, à l’origine simple fermier, aurait fait fortune en travaillant pour un clan du cartel de la drogue de Medellin, avant d’être assassiné en 1983 par la guérilla marxiste des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. L’homme a semble-t-il juré de venger son père et d’éradiquer les Farc. Le sort d’Ingrid Betancourt est pour lui un point de détail d’une lutte à mort.
Alvaro Uribe suit des études de Droit à l’Université d’Antioquia puis de Sciences politiques et économiques à Harvard (Etats-Unis). Il exerce ensuite la profession d’avocat, épouse Lina Moreno avec laquelle il aura deux fils, et dirige de 1980 à 1982 l’Agence Aéronautique Civile colombienne. Membre du Parti Libéral, Alvaro Uribe est successivement élu Maire de Medellin - à l’époque où l’un de ses amis, le célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar Gaviria, régnait sur cette capitale mondiale de la cocaïne - puis Sénateur de 1988 à 1994 et enfin Gouverneur de la région d’Antioquia. Au début des années 2000, il quitte le Parti Libéral pour se présenter en candidat indépendant à l’élection présidentielle de mai 2002. Sa campagne électorale est axée sur la restauration de l’autorité de l’Etat et la promesse de régler le problème de la guerre civile qui, avec 300.000 morts et deux millions de déplacés, ravage la Colombie depuis 1948. La franco-colombienne Ingrid Betancourt est également candidate à cette même élection et elle est enlevée avec sa directrice de campagne Clara Rojas par les FARC en février 2002.
Élu au 1er tour de scrutin avec 53% des suffrages, mais avec seulement 45% de votants, Alvaro Uribe est officiellement investi président de la République de Colombie en août 2002. Il s’associe immédiatement avec les États-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme », relance le « Plan Colombie » de lutte contre le « narco terrorisme » (4 milliards de dollars et de puissants moyens militaires et policiers investis par les Etats-Unis pour éradiquer la culture de coca et le trafic de cocaïne), réforme l’administration, « libéralise » l’économie et engage une lutte sans merci contre les FARC qui multiplient les attentats et réclament la démilitarisation d’une vaste zone dans le sud du pays.
Il double le budget de la sécurité et favorise indirectement le développement de véritables escadrons paramilitaires, dont notamment les milices des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC, fondées avec son aide dans sa région d’Antioquia en 1997), qui mènent en toute illégalité de terribles exactions - kidnapping, assassinat, torture, extorsion de fonds, etc... - parmi les populations indigènes des régions contrôlées par les rebelles. Côté positif, cette politique du tout sécuritaire parvient à faire libérer quelque 500 otages et fait diminuer significativement le nombre d’enlèvements et d’homicides dans le pays. Côté négatif, elle terrorise et bafoue les droits élémentaires d’une partie des Colombiens, notamment des paysans et des autres citoyens des classes les plus pauvres pris entre les feux croisés du gouvernement et des diverses milices d’extrême-gauche et d’extrême-droite.
En mai 2006, Alvaro Uribe, soutenu par la classe politique néolibérale et néo-conservatrice pro-américaine (grands propriétaires fonciers, banquiers, politiciens et militaires d’extrême-droite) est réélu président de la Colombie avec 62% des voix (56% d’abstention).

Ingrid Betancourt "bientôt" libérée, selon un ancien otage colombien Luis Eladio Perez

LE MONDE 19.03.08 14h50
Paulo A. Paranagua
Article paru dans l'édition du 20.03.08
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L'ancien otage de la guérilla colombienne Luis Eladio Perez a été reçu à l'Elysée, mardi 18 mars. Il a présenté au président Nicolas Sarkozy des propositions en vue d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche).


Sur le perron de l'Elysée, M. Perez s'est dit confiant que l'ancienne candidate à la présidence de la Colombie et trois autres otages civils seraient relâchés "très bientôt". "Je ne veux pas être le porte-parole de faux espoirs", a-t-il ajouté toutefois. Ancien sénateur, M. Perez a partagé longtemps la captivité d'Ingrid Betancourt dans les camps des FARC. Ensemble, ils ont tenté une fois de fuir. Il a été le dernier à la voir, le 4 février, "physiquement et moralement épuisée".
Alors qu'il devait rencontrer la presse lundi, le rendez-vous a été annulé à la dernière minute. Les divisions de la famille Betancourt ont provoqué un "pataquès" entre l'Elysée et le Quai d'Orsay et bouleversé le programme de sa visite en France. M. Perez estime que les FARC ne sont pas aussi affaiblies que ne le prétend le gouvernement colombien.



"Les FARC ont compris qu'elles sont à un tournant historique, dit-il. Le fait que la guérilla sollicite de la communauté internationale un statut politique me rend optimiste à propos de leur changement de mentalité." Alors qu'à Bogota des responsables militaires croient qu'Ingrid Betancourt pourrait être le dernier otage à recouvrer la liberté, Luis Eladio Perez pense tout le contraire. "Avec Ingrid, les FARC jouent leur avenir à cause de la pression internationale et de l'exposition médiatique", affirme-t-il.
D'après des sources proches du dossier qui ont requis l'anonymat, la libération des quatre otages civils serait un "préalable" à une forme de reconnaissance politique des FARC. La guérilla figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, dont la France assumera la présidence à compter du 1er juillet.
"L'échange humanitaire" de militaires et policiers retenus en otages par les FARC contre des guérilleros emprisonnés est une affaire plus laborieuse. L'identification des prisonniers qui en bénéficieraient n'a jamais été établie, car les FARC ignorent quels détenus sont restés fidèles à la guérilla. Leur nombre pourrait être très inférieur aux 500 évoqués à maintes reprises. Leur sortie de prison supposerait un mécanisme de suspension de peine, dont l'application à des condamnés pour crimes contre l'humanité semble difficile. Il faudrait ensuite remettre les guérilleros au Venezuela, où les FARC disposent de soutiens, quitte à les faire transiter par un autre pays, qui pourrait être la France.
Ne resterait alors que la question des trois otages américains dont le sort est lié à deux cadres des FARC emprisonnés aux Etats-Unis.

18 mars 2008

Ingrid Betancourt: un ex-otage colombien présente un plan à Sarkozy

L'ex-sénateur colombien Luis Eladio Perez, relâché récemment par la guérilla des Farc, présentait mardi au président Nicolas Sarkozy un plan pour la libération d'Ingrid Betancourt, qui est selon ses proches "au bord de la mort".
M. Sarkozy, qui a fait de la libération de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne enlevée en 2002, l'une de ses priorités diplomatiques, a demandé aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sa libération d'urgence, des témoignages la décrivant au plus mal, souffrant d'une hépatite B.
Des sources proches du dossier assurent que d'intenses tractations sont en cours, mais le ministère des Affaires étrangères et la présidence française restent muets sur "ce sujet où la discrétion s'impose".
L'ex-sénateur Luis Eladio Perez, qui a annulé lundi une conférence de presse, ne devait finalement s'exprimer qu'après sa rencontre avec M. Sarkozy mardi en fin d'après-midi. M. Perez fait partie des six otages que la guérilla marxiste vient de libérer par l'intermédiaire du président vénézuélien Hugo Chavez. Proche d'Ingrid Betancourt, il est le dernier à l'avoir vue le 4 février, "maigre" et "sans force morale".
"Ma proposition, qui est très simple, est très précise et vise à surmonter les obstacles qui, jusqu'à présent, ont empêché le gouvernement et les Farc d'entreprendre un échange", a affirmé à l'AFP l'ex-sénateur, avant son départ pour Paris, sans en dire plus. La guérilla marxiste, en lutte contre les autorités colombiennes depuis 1964, et le président colombien de droite Alvaro Uribe se rejettent la responsabilité de l'échec d'un "accord humanitaire".

Cet accord porte notamment sur un échange entre 39 otages dits "politiques" aux mains de la guérilla, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre la libération de 500 guérilleros emprisonnés. En filigrane, les Farc cherchent à obtenir une reconnaissance politique alors qu'elles sont classées sur les listes des organisations terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis.
Selon des sources proches du dossier, le plan de M. Perez comprendrait au moins trois points: une reconnaissance politique des Farc, la suppression de la guérilla de la liste européenne et une proposition d'asile permettant l'accueil de guérilleros libérés sur le territoire français. Ces propositions ne sont pas vraiment nouvelles "mais c'est le chemin pour y parvenir qui est nouveau", explique Hervé Marro du comité de soutien à Ingrid Betancourt.
Paris n'a pas exclu un coup de pouce aux Farc en cas de libération des otages. Rappelant à la guérilla début mars qu'elle était "inscrite sur une liste d'organisations terroristes", M. Sarkozy a affirmé qu'il "n'y aura aucune discussion" si Ingrid Betancourt meurt mais que "le monde les regardera un peu différemment" si elle est relâchée.

M. Uribe refuse a priori toute reconnaissance politique aux Farc, qu'il considère comme des "terroristes narco-trafiquants" et qu'il a promis d'éliminer. Mais selon M. Perez, il considèrerait son plan "comme viable".
Reste à savoir si les Farc "vont donner leur aval" au plan Perez, s'interroge Fabrice Delloye, le père des enfants d'Ingrid Betancourt, après la mort du numéro 2 Raul Reyes, tué par l'armée colombienne début mars en Equateur. Le président équatorien Raphaël Correa a affirmé que le meurtre de Raul Reyes avait fait échouer la libération programmée de 11 otages dont la Franco-Colombienne.
Le dossier des otages est symptomatique d'un contexte très tendu dans la région: Le Venezuela et l'Equateur, qui se réclament de la gauche révolutionnaire, et la Colombie, soutenue par Washington, s'accusent mutuellement de vouloir déstabiliser l'autre camp.

Le raid colombien aurait empêché la libération de Betancourt

Les rebelles colombiens des FARC auraient libéré Ingrid Betancourt si l'armée colombienne n'avait pas mené un raid en Equateur dans lequel le numéro deux de la guérilla a été tué, a affirmé au Chili le mari de l'otage franco-colombienne.
L'opération transfrontalière du 1er mars a été fatale à Raul Reyes et a déclenché une grave crise diplomatique entre la Colombie, l'Equateur et le Venezuela, avec déploiement de troupes aux frontières.
"S'ils ne l'avaient pas tué, elle aurait pu être libérée", a déclaré à la presse Juan Carlos Lecompte, qui doit être reçu mardi par la présidente chilienne Michelle Bachelet.
"Parce que, le 14 ou le 15 mars, ils auraient libéré douze autres otages, et ma femme aurait été parmi eux", a-t-il ajouté.
Raul Reyes était l'un des contacts de la France et d'autres pays qui tentent d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt et des autres "otages politiques" des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Quelques jours après le raid de l'armée colombienne, le président équatorien, Rafael Correa, a révélé que son gouvernement avait été proche d'un accord avec les FARC en vue de la libération de douze otages, dont l'ex-candidate à la présidence colombienne en captivité depuis février 2002.
Juan Carlos Lecompte a ajouté espérer que le Vénézuélien Hugo Chavez reprenne son rôle de médiateur entre Bogota et les FARC. Le président vénézuélien, qui rejette le classement des FARC sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis, a participé activement à la libération cette année de six otages des rebelles, dont Clara Rojas, qui était la directrice de campagne de Betancourt lorsque les deux femmes ont été enlevées.
La France presse également la Colombie de négocier la libération de Betancourt, qui serait très affaiblie.
Lecompte devrait tenter de rallier la présidente chilienne au mouvement international qui se dessine en faveur d'un échange entre les "otages politiques" des FARC et le demi-millier de guérilléros actuellement détenus dans des prisons colombiennes.
Outre le Venezuela, l'Argentine plaide également en faveur de cette solution à la crise des otages.
"Nous avons réussi à internationaliser cette question. Puisque des pays tiers de la région se sont impliqués, le problème commence à s'éclaircir", a-t-il affirmé.

17 mars 2008

Un médecin de 'Tirofijo' ( Manuel Marulanda) serait le remplacant d'Iván Ríos au secrétariat des Farc


Concert de paix à la frontière entre la Colombie et le Venezuela

Quelque 60.000 personnes ont assisté dimanche à un concert de paix à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Celui-ci a été organisé pour démontrer l'unité entre les peuples de ces deux Etats qui ont connu une grave crise régionale.
Des stars de la musique ibéro-américaine, dont notamment Miguel Bosé, Juanes et Alejandro Sanz, se sont produits lors de ce concert, appelé "Paix sans frontières", sur le pont Simon Bolivar qui marque la frontière entre la Colombie et le Venezuela.
L'un des chanteurs, lors de l'ouverture de son récital, a saisi l'occasion pour demander la libération des otages aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).
Les participants à cette réunion ont tous lancé des appels à la paix qui ont été repris par le public. "Nous ne voulons pas la guerre entre nos peuples et vous en êtes la garantie", a lancé pour sa part Alejandro Sanz.
"Nous sommes à la frontière de deux pays frères qui ont connu une crise. Mais nous pouvons réaffirmer notre désir de paix. La Colombie n'aura jamais la paix si le Venezuela et l'Equateur ne l'ont pas", a déclaré Juanes Sanz.
Une crise diplomatique entre l'Equateur et la Colombie avait éclaté le 1er mars à la suite d'une incursion de l'arméee colombienne en territoire équatorien dirigée contre un camp des Farc au cours de laquelle le numéro deux des rebelles, Raul Reyes, avait été tué.
Considérant cette opération comme une violation de sa souveraineté, l'Equateur avait rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie suivi par le Venezuela, son allié. Dans la foulée, les deux pays avaient envoyé des troupes à leurs frontières avec la Colombie.
La crise avait été finalement surmontée le 7 mars au sommet du groupe de Rio à Saint-Domingue.

Des combats entre les Farc et l'armée

L'explosion d'une bombe lors de combats entre l'armée colombienne et les Farc a provoqué la mort d'un civil et blessé 15 autres personnes à Toribio, un ancien fief de la guérilla marxiste, ont annoncé aujourd'hui les autorités.Les combats se sont produits hier dans ce village de 25.000 habitants situé dans les Andes, à 600 km au sud-ouest de Bogota, où vit une importante communauté indigène.Un dépôt d'armes de la guérilla marxiste a également explosé durant les combats, endommageant une vingtaine de maisons, mais sans faire de victime, selon le témoignage d'habitants à des radios locales

Ingrid Betancourt : la face méconnue d'une détention

Le Figaro : Par Maria Fernanda Gonzalez, chercheur du Ceditec, université de Paris-XII
Selon un récent sondage de l'hebdomadaire El Tiempo , Ingrid Betancourt est, avec 71 % d'opinions favorables, la personnalité politique la plus populaire en Colombie, après le président Alvaro Uribe, mais loin devant les candidats à la présidentielle pour 2010. Les images de sa détention montrant la barbarie à laquelle elle est confrontée et la mobilisation de l'opinion en faveur d'un échange humanitaire, expliquent le regain de popularité en Colombie d'Ingrid Betancourt, dont la personnalité était fort controversée au moment de son enlèvement.
Les inquiétudes que suscite son état de santé, au vu des dernières «preuves de vie» qui nous sont parvenues de la jungle, priment par-dessus tout. Mais le sondage d' El Tiempo et le témoignage de Luis Eladio Perez, un de ses compagnons de détention récemment libéré, nous incitent à nous demander si la Franco-Colombienne, une fois libre, pourrait représenter une option politique en Colombie.
Ancien parlementaire, Luis Eladio Perez a partagé une grande partie de sa captivité avec Ingrid Betancourt. Il nous apporte un message inédit. Il va jusqu'à dire que, si Ingrid est libérée, elle sera un jour présidente de la Colombie. Sa détention lui aurait donné une vision globale des principaux enjeux pouvant mener à une pacification du pays. Malgré ses épreuves, malgré l'humiliation qu'elle subit depuis plus de six ans, Ingrid reconnaît que la seule issue au conflit armé passera par une solution négociée.
Perez affirme qu'Ingrid Betancourt s'est enrichie d'une sensibilité sociale unique pendant ses années de captivité. Il nous apprend que l'otage a consigné ses réflexions dans un document qu'elle conserve précieusement comme une plate-forme politique. Son programme serait très différend des postulats politiques traditionnels. Au cours de sa détention, elle a compris qu'il y a deux pays : une Colombie urbaine et riche, face à une autre Colombie, celle de la misère. Avec une vision quelque peu romantique, elle a élaboré un programme de paix : un projet politique qui met en avant la réalité de la Colombie oubliée et maltraitée par la violence. Il répond à une seule question : comment peut-on reconstruire un pays avec une politique sociale cohérente et soutenue dans le temps ?
Est-il réaliste de concevoir une candidature d'Ingrid Betancourt à la présidentielle dans un pays où l'opinion se déporte de plus en plus à droite et où la popularité d'un président à la «main dure » est de plus en plus grande ? Sans doute le succès du président Uribe auprès des Colombiens n'a qu'une seule cause : l'existence des Farc et le désespoir d'une opinion publique, fatiguée de la guerre et saturée de violence.
Après six ans de détention, Perez croit à une inflexion de la stratégie militaire des Farc. Il est convaincu que la guérilla a évolué et qu'elle considère la solution négociée comme une option importante. Cette solution devra passer par un échange humanitaire et aboutir à une reconstruction sociale, politique et économique du pays. Ingrid, sans rejeter l'option militaire, intègre dans son programme la réalité de l'autre Colombie. Sans doute devra-t-elle concilier sa popularité internationale avec son programme politique et avec le projet de paix, affirme l'ancien otage. Perez, qui représente peut-être un dernier espoir pour la Franco-Colombienne, exposera cette semaine ses propositions au président Sarkozy. L'ancien otage cherche une formule visant à déclencher un processus de libération de tous les séquestrés, avec la collaboration du président vénézuélien Hugo Chavez et l'accord du président colombien.
Bien qu'il se garde de dévoiler ses propositions avant de les présenter mardi à l'Élysée, celles-ci comporteraient trois éléments qui pourraient peser sur la guérilla en vue d'une négociation politique ultérieure : la reconnaissance politique des Farc, l'élimination de la guérilla de la liste des organisations terroristes et une proposition d'asile permettant l'accueil des guérilleros sur le territoire français.
Le travail de Chavez et son rapprochement idéologique avec les Farc, la disponibilité du président Sarkozy à négocier un éventuel retrait de la guérilla de la liste des organisations terroristes et l'éventualité d'un accueil en France de certains guérilleros : tout cela pourrait mettre fin au calvaire de la Franco-Colombienne. Il reste que la position du gouvernement colombien sera fondamentale pour donner vie à cette proposition.