Elle est là et elle vous regarde. De jour comme de nuit, ses paupières ne se ferment jamais. Où que vous soyez, son œillade figée vous est dirigée, son appel à l’aide vous est lancé. Plus un souffle de vent pour animer ses cheveux, plus l’ombre d’une liberté pour agiter ses lèvres. Pourtant, c’est bien vous que la captive Ingrid Betancourt contemple de ses yeux captivants et immobiles sur la Place de l’Hôtel de Ville de Paris. Pour toute réponse, c’est un mélange de compassion et de résignation qui lui est exprimé. Cela n’a que trop duré. La rage au cœur, qui l’animait il y a quatre ans, nous pénètre et inonde nos sens. Nous ne devons pas lui tourner le dos. Oui, sa liberté, c’est aussi la nôtre : que la mobilisation soit donc nationale et sans répit. Elle est là et elle nous regarde. N’oubliez pas que de jour comme de nuit, ses paupières ne se ferment jamais. 2 février 2008
Texte de Cristiana Reali
Elle est là et elle vous regarde. De jour comme de nuit, ses paupières ne se ferment jamais. Où que vous soyez, son œillade figée vous est dirigée, son appel à l’aide vous est lancé. Plus un souffle de vent pour animer ses cheveux, plus l’ombre d’une liberté pour agiter ses lèvres. Pourtant, c’est bien vous que la captive Ingrid Betancourt contemple de ses yeux captivants et immobiles sur la Place de l’Hôtel de Ville de Paris. Pour toute réponse, c’est un mélange de compassion et de résignation qui lui est exprimé. Cela n’a que trop duré. La rage au cœur, qui l’animait il y a quatre ans, nous pénètre et inonde nos sens. Nous ne devons pas lui tourner le dos. Oui, sa liberté, c’est aussi la nôtre : que la mobilisation soit donc nationale et sans répit. Elle est là et elle nous regarde. N’oubliez pas que de jour comme de nuit, ses paupières ne se ferment jamais. 1 février 2008
Humiliation et torture
Les otages des guérilleros des Farc, notamment la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, sont soumis à de dures humiliations de la part de leurs geôliers, révèle le sous-officier de police et ex-otage John Frank Pinchao Blanco.Dans son livre "Ma fuite vers la liberté", à paraître prochainement, le sous-officier de police, évadé d'un camp de prisonniers de la guérilla marxiste en mai 2007 après 8 ans de détention, raconte la vie quotidienne des détenus, leurs souffrances, et leur errance permanente d'un camp à l'autre.
L'auteur rapporte une évasion ratée de Betancourt en compagnie de l'ex-congressiste Luis Eliado Perez qui s'est soldée par un échec au bout de 5 jours. "C'est à ce moment qu'ils (les guérilleros) ont enchaîné de force pour la première fois Ingrid qui se débattait", écrit-il.
Puis, les représailles ont commencé contre l'ancienne candidate des Verts à la présidence colombienne, capturée en février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie(Farc).
"Quand Ingrid demandait à aller aux toilettes la nuit, les gardes faisaient les sourds et la faisaient attendre. Ou encore ils éteignaient la lanterne et la conduisaient dans le noir aux toilettes".
Une nuit, se souvient Pinchao, "nous avons été tous réveillés par un cri de douleur. Ingrid était tombée sur un morceau de bois en forme de fourche qui lui est entré dans la cheville, causant une blessure assez profonde".
Sa récupération a duré longtemps, poursuit-il, car bien que marchant avec difficulté et lentement, la blessure finissait toujours par s'ouvrir".
Le policier qui était dans son groupe de prisonnier en décembre 2006, souligne qu'elle se disputait avec des guérilleros qui l'observaient pendant qu'elle était aux toilettes ou lorsqu'elle se baignait.
Particulièrement soupçonneux à son égard compte tenu de ses multiples tentatives ratées d'évasion, ils lui interdisaient régulièrement de parler avec les autres prisonniers notamment avec les Américains à qui elle s'adressait en anglais.
Ces derniers, trois civils recrutés comme sous-traitants par la département américain de la Défense, et dont l'avion s'était écrasé dans une région de la jungle colombienne contrôlée par les Farc, ont été enlevés en février 2003.
Les Américains nous ont indiqué, écrit le sous-officier, que leur avion en mauvais état était tombé en panne et avait du effectuer un atterrisage d'urgence.
Les guérilleros, dit-il, ont confisqué leurs habits car ils craignaient que ces derniers "soient équipés de dispositifs électroniques pour les localiser et les ont fait marcher nus dans la jungle".
"Puis ils leur ont donné des bottes de caoutchouc, mais comme elles étaient trop petites, ils ont coupé le talon ou le bout de la botte les laissant avec les doigts de pieds à l'extérieur, provoquant de sérieuses blessures".
Le sous-officier ne dissimule pas son admiration pour Ingrid Betancourt qui se comportait comme une rebelle avec les guérilleros mais était aussi à l'écoute de ses compagnons d'infortune.
Infirmière avec Luis Eliado Perez, elle a consacré des jours entiers avec le député malade à tenter de le réanimer puis de le soigner, mais elle passait aussi un temps précieux pour apprendre le français aux otages ou à leur enseigner la natation.
Ingrid faisait aussi part de ses rêves lors de ses conversations avec ses co-détenus. Elle voulait devenir présidente pour mettre fin à la corruption, accorder une éducation gratuite aux enfants de Colombie, créer une ville comme Brasilia pour les millions de personnes déplacées et construire un métro à Bogota.
"Ingrid a été ma lumière, mon chemin, mon guide dans les moments où j'étais dans l'obscurité", conclut le policier Pinchao.
31 janvier 2008
Pour mieux connaitre Ingrid
Nombreuses sont les personnes à nous poser des questions relatives à Ingrid Betancourt : Qui est-elle ? Que faisait-elle en Colombie ? Quels étaient ses combats ? Pourquoi a-t-elle été enlevée ? Depuis quand ? Est-elle française ou colombienne ?... Et cette liste n’est pas exhaustive. Pour répondre à toutes ces questions, nous vous invitons à regarder le reportage Ingrid Betancourt, Les secrets d’un enlèvement réalisé par Michel Peyrard. Diffusé le 18 février 2007, dans le cadre de l’émission Un jour une heure de Laurent Delahousse, sur France 2, vous y trouverez assurément toutes les réponses à vos questions. A la suite de ces lignes, vous découvrirez l’émission divisée en quatre parties.
Commune de Biganos
Je suis heureux de vous annoncer que la ville de Biganos vient d'afficher les portraits d'Ingrid et mettre à disposition des citoyens la pétition. Je remercie donc Madame Martine GALLOUX pour sa participation à notre action.
Je tiens aussi à remercier Madame TORRES qui a été d'une extréme gentillesse avec moi.
La commune du Teich.
Monsieur DELUGA a accepté, il y a deux jours, de rejoindre le comité de soutien.C’est donc la mairie et la COBAS qui participent à cet élan d’humanité en faveur d’Ingrid BETANCOURT.
Pour un petit problème d’organisation, je n’ai pu contacté la mairie du Teich rapidement et je confirme que cette commune a donné une réponse très positive et rapide.
30 janvier 2008
Un ex-dirigeant des Farc condamné aux USA à 60 ans de prison
Un ancien dirigeant de la rébellion des Farc en Colombie a été condamné par un tribunal américain à une peine de prison de 60 ans pour complot en vue de s'emparer d'otages en liaison avec l'enlèvement de trois ressortissants américains en 2003 en Colombie.Ricardo Palmera, 56 ans, est le plus haut responsable de la guérilla marxiste-léniniste des Forces armées révolutionnaires de Colombie, un mouvement considéré comme "organisation terroriste étrangère" par le gouvernement américain, a être jugé aux Etats-Unis.
Cet homme, appelé aussi Simon Trinidad, avait été fait prisonnier en Equateur, puis extradé de Colombie aux Etats-Unis en décembre 2004.
Ancien banquier issu de la haute société colombienne, il avait épousé la cause radicale à la suite d'une campagne d'assassinats visant l'extrême gauche dans les années 1980.
Les Farc avaient pris en otages trois coopérants américains en février 2003 après un accident d'avion survenu lors d'un vol de reconnaissance au-dessus du sud de la Colombie.
Les trois Américains sont toujours aux mains de la plus ancienne guérilla d'Amérique latine.
Palmera, qui était théoriquement passible d'une peine maximale de réclusion à vie selon les normes fédérales, devrait être jugé à nouveau pour trafic de drogue.
29 janvier 2008
Colombie: Astrid Betancourt se dit confiante
Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, a confiance dans la médiation des trois pays -Suisse, France et Espagne- pour la libération des otages en Colombie. Elle a remercié la Suisse pour son soutien.
"On peut faire confiance à la médiation des trois pays. Ils ont beaucoup d'éléments en mains pour savoir ce qui est acceptable par une partie et par l'autre", a déclaré mardi Astrid Betancourt au Club suisse de la presse. Cette dernière sera sur le plateau du 19:30 de la TSR mardi soir.
La soeur de l'ex-candidate à la présidence colombienne, otage des FARC depuis le 23 février 2002, a rencontré auparavant à Genève l'émissaire de la Suisse, le professeur Jean-Pierre Gontard, qui depuis 2004 s'est rendu de nombreuses fois dans la jungle amazonienne pour établir le contact avec la guérilla.
Double discours
Le président colombien Uribe a demandé au groupe des trois pays facilitateurs de reprendre leur médiation pour parvenir à un accord humanitaire avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Il en a fait part mercredi dernier à Zurich à la cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Micheline Calmy Rey, en marge du Forum de Davos.Double discours "C'est un pas en avant, mais dès qu'il est rentré à Bogota, le président Uribe a repris son double discours très ambigu", a affirmé Astrid Betancourt. Le président colombien a donné l'ordre dimanche à l'armée et à la police de localiser et d'encercler les zones où sont détenus les otages, afin ensuite d'y faire venir les médiateurs."Il n'y a pas eu d'accord sur ce point avec la France et la Suisse. Le président Uribe a agi de mauvaise foi", a déclaré la soeur de la captive. Mardi à Paris, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos a affirmé qu'un accord avec la guérilla pour la libération des otages restait "la priorité" de Bogota, assurant que l'encerclement des otages ordonné par Alvaro Uribe n'était qu'une "solution possible".
Source TSR.ch
Commune de Lanton
La commune de Lanton vient d'accepter les affiches d'Ingrid BETANCOURT et la pétition en mairie. Je remercie de ce geste M.GAUBERT et M.MORELL.
La ville de Lanton devient ainsi la sixième ville sur le Bassin d'Arcachon à rejoindre l'action en faveur de la libération d'Ingrid.
Encerclement des otages des Farc: Paris appelle Bogota à la retenue
PARIS (AFP) — La France a appelé lundi la Colombie à ne rien faire qui puisse mettre "en danger" la vie des otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, après la décision du président Alvaro Uribe d'encercler les zones où la guérilla des Farc les détient.
"La position de la France est constante et bien connue : rien ne doit être fait qui mettrait en danger la vie des otages", a déclaré à la presse le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux.
Le porte-parole s'est toutefois refusé à dire si pour la France la décision de M. Uribe d'ordonner la localisation et l'encerclement de ces zones mettait en danger la vie des otages, comme le craignent les familles des captifs.
Dimanche, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, a accusé Alvaro Uribe de mettre en danger la vie des otages. Elle a dit craindre un épisode similaire à la mort en juin dernier de 11 anciens députés otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
Selon la guérilla, ils ont été tués dans une attaque déclenchée par un groupe militaire non identifié alors que le gouvernement affirme qu'ils ont été exécutés par les rebelles.
Paris rappelle régulièrement que l'usage de la force pour libérer les otages doit être absolument proscrit.
Les Farc ont proposé un échange dit "humanitaire" entre 43 otages, qu'elles considèrent comme "politiques", dont Ingrid Betancourt, et 500 guérilleros emprisonnés. Comme préalable, la plus importante guérilla colombienne exige la démilitarisation de 800 km2 autour des villes de Florida et Pradera, dans le sud.
M. Uribe a répété samedi son refus d'une telle condition dont il estime qu'elle mettrait en péril les habitants de ces localités et reviendrait à céder ce territoire aux Farc. Il a en revanche réitéré son appui à une offre de médiation de l'église catholique dans une zone neutre et rurale de 150 km2, en présence d'observateurs internationaux.
Ingrid Betancourt est aux mains des Farc depuis le 23 février 2002.
28 janvier 2008
Mairie d'Arcachon
27 janvier 2008
La mère de Betancourt accuse Uribe
Yolanda Pulecio, mère de l'otage franco-colombienne détenue par la guérilla des Farc Ingrid Betancourt, a accusé ce soir le président colombien Alvaro Uribe de mettre en danger la vie des otages en ayant ordonné à l'armée d'encercler les zones où ils se trouvent."Ces propos montrent qu'Uribe se moque de la vie des otages, qu'il n'a pas de scrupules à mettre en danger la vie de toutes les personnes détenues", a déclaré à l'AFP Mme Pulecio.Elle a souligné craindre un épisode similaire à la mort en juin dernier de 11 anciens députés otages des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Selon la guérilla, ils ont été tués dans une attaque déclenchée par un groupe militaire non identifié alors que le gouvernement affirme qu'ils ont été exécutés par les rebelles.Nouvelles inquiétantes
Bogota ordonne le blocus des camps où sont détenus les otagesLes autorités colombiennes ont ordonné à l'armée d'encercler les camps où les rebelles des FARC retiennent en otage des centaines de personnes. Cela en dépit des inquiétudes que suscite cette opération pour la vie des otages.
Une fois que l'armée aura repéré ces camps et les aura encerclés en établissant un périmètre de sécurité, une commission internationale sera chargée de négocier avec la guérilla merxiste pour obtenir la libération des otages, a déclaré samedi le président Alvaro Uribe.
"L'ordre est de localiser les lieux où les otages sont retenus, de les encercler, et lorsqu'ils seront encerclés, de faire appel à la communauté internationale pour établir une procédure humnaitaire afin de libérer tous les otages", a déclaré M. Uribe lors d'une apparition publique.
Les détracteurs de ce projet soulignent que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pourraient exécuter des otages, notamment la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois ressortissants américains si les militaires s'approchent trop près de leurs camps. "Cela implique un vrai risque", a déclaré Carlos Gaviria, dirigeant du Pôle démocratique, dans l'opposition.
L'année dernière, onze parlementaires colombiens détenus par les FARC avaient été éxécutés lorsque le camp ou ils étaient détenus avait été attaqué par ce que les rebelles ont appelé une force militaire non identifiée. D'autres otages ont été tués par la guérilla marxiste alors que des soldats s'étaient rapprochés de leurs position.
Le président colombien a rétabli ce mois-ci la médiation de la France, de l'Espagne et de la Suisse en vue d'obtenir la libération des 44 otages "politiques" des FARC, dont Ingrid Betancourt.
Il a accepté de démilitariser une zone de 150 km2 où aucun homme en armes ne serait autorisé à rentrer et où des observateurs internationaux seraient déployés. Il refuse en revance d'accéder à la principale revendication des rebelles : la création d'une zone délimitarisée de 780 km2 près de Cali.
Les proches d'Ingrid Betancourt ont dit à plusieurs reprises qu'ils étaient hostiles à une opération militaire en raison des risques qu'elle pourrait faire courir aux otages
26 janvier 2008
Clara ROJAS interview RFI
RFI.fr - Madrid - 24/01/08 Deux semaines après sa libération, l’ancienne otage des FARC en Colombie a accordé à RFI son premier entretien avec un média international. RFI n’est pas une radio anodine pour les otages de Colombie : captée jusque dans la jungle grâce aux ondes courtes émises, elle leur permet de maintenir un contact avec la réalité, de ne pas perdre pied et d’avoir des nouvelles de leurs proches. Dans cette interview, réalisée à Madrid, Clara confirme qu’elle a été séparée d’Ingrid en octobre 2005 et que les dernières images de celle dont elle était la directrice de campagne l’ont inquiétée. Elle lance à Ingrid un appel au courage : « il y a beaucoup de gens qui l’aiment et qui agissent pour qu’elle puisse revenir ».
24 janvier 2008
Comité de soutien et la famille d'Ingrid rencontre M Uribe
Dimanche 20 janvier en fin d’après-midi, avec Lorenzo Betancourt, fils d’Ingrid, et Fabrice Delloye, ex-mari et père des enfants d’Ingrid, les représentants du Comité de soutien ont rencontré Alvaro Uribe, le président colombien. La demande de ce rendez-vous avait été effectuée samedi par le Comité de soutien auprès de l’Ambassadeur de Colombie en France, dans une perspective de dialogue constructif. Pour mémoire, nous tenons à rappeler que la seule et dernière rencontre entre des membres de la famille d’Ingrid et Alvaro Uribe remontait à 2002. D’autre part, c’était la première fois qu’un des enfants d’Ingrid et des représentants du Comité de soutien avaient la possibilité de dialoguer avec lui. Lors de cet entretien, nous avons rappelé au Président Uribe que nous condamnons fermement les agissements des FARC et plus particulièrement, leur pratique inacceptable de la prise d’otage. Pour autant, nous considérons comme impératif et urgent de créer une zone de rencontre pour parvenir à l’accord humanitaire. Dans cette optique, nous avons proposé la mise en place d’une force internationale d’interposition qui garantirait la sécurité et la sérénité des discussions. Le Président Uribe n’a pas refusé cette approche. Pour sa part, le président colombien a mis en avant le rôle primordial de l’Eglise catholique afin de commencer les discussions pour un accord humanitaire. Il s’est également dit favorable à la collaboration entre l’Eglise et une médiation internationale emmenée par la France, la Suisse et l’Espagne. A cet égard, l’entretien entre Nicolas Sarkozy et Alvaro Uribe revêtira une grande importance.La tentative d'évasion d'Ingrid Betancourt
Le livre Mon évasion vers la liberté de John Frank Pinchao, le policier prisonnier des FARC qui s'était évadé en avril dernier, doit sortir la semaine prochaine en Colombie. Dans l'un des chapitres, publié en avant-première par El Tiempo, l'ancien otage raconte l'une des tentatives d'évasion d'Ingrid Betancourt. Extrait.
John Frank Pinchao
"La nuit où Ingrid s'est enfuie était sombre et pluvieuse, et les guérilleros montaient la garde à tour de rôle, comme d'habitude. Celui qui venait de prendre la relève bavardait avec les autres guérilleros aux postes de garde ; ils nous avaient enchaînés les uns aux autres par les poignets. J'étais attaché au capitaine Bermeo [l'un des militaires pris en otage]. Il pleuvait à torrents. Le lendemain, deux paires de bottes avaient disparu, celles d'Amaón [Florez Pantoja] et de [José Miguel] Arteaga [deux des officiers otages], qui ont alors demandé aux guérilleros où elles étaient passées. Ces derniers ont répondu qu'ils n'en savaient rien et, comme certains guérilleros avaient des bottes en mauvais état, on a pensé qu'ils les avaient prises pour aller pêcher. Le sergent Marulanda devait donner la radio à Ingrid. Il est allé jusqu'à la cabane, l'a appelée en vain et a déposé la radio à côté de son lit. A l'heure du petit déjeuner, nous avons sorti nos casseroles pour qu'on nous serve et, comme d'habitude, ils ont compté les casseroles pour s'assurer que tout le monde ait à manger. Il en manquait deux. Nous nous sommes tous demandé qui n'était pas là, jusqu'à ce que quelqu'un finisse par dire que c'étaient les "docteurs" [Ingrid Betancourt, candidate à l'élection présidentielle enlevée en 2002, et Luis Eladio Pérez, sénateur enlevé par les FARC en 2001]. Ils sont allés les chercher pour savoir s'ils voulaient prendre leur petit déjeuner, mais, surprise, il n'y avait personne dans la cabane. L'alerte a alors été donnée à tous les guérilleros. Amaón est allé vérifier quelles bottes il y avait dans la cabane d'Ingrid, et c'était bien sûr les siennes. Comme elle savait bien que les guérilleros comptaient les bottes, la super-Ingrid avait pris celles d'Arteaga et d'Amaón et les avait mises chez elle pour qu'ils ne se doutent de rien. [...] Nous avons demandé aux guérilleros qu'ils nous disent la vérité sur la disparition d'Ingrid (la rumeur disait alors qu'elle allait être libérée) : nous voulions savoir s'ils allaient la libérer sans nous le dire, dans ce cas cela expliquerait qu'ils l'aient fait partir de nuit pour que nous ne nous rendions compte de rien, mais ils disaient que non, qu'elle s'était enfuie. Par la suite, les gardes, qui jusque-là assuraient chacun un tour de deux heures, ont été doublés et leur tour est passé à six heures. Des équipes de dix hommes battaient les alentours, chacun devant ratisser cinq à six mètres et cinquante à soixante mètres aux abords des cours d'eau. Nous les entendions aussi appeler Ingrid, sans succès. Nous les voyions rentrer épuisés, après de longues battues à la recherche de ces deux otages en quête de liberté. Au bout de cinq jours, Castellanos a dit : "Bonjour, docteur ! Alors, la balade a été bonne ?" Comme c'était un farceur, nous n'y avons tout d'abord pas cru, puis nous nous sommes retournés et avons vu Luis et Ingrid qui venaient d'arriver, exténués et amaigris. On leur a donné à manger, mais ils n'en avaient pas envie : après cet échec, c'est tout juste s'ils ont touché à la nourriture. Deux guérilleros sont venus les attacher : c'était la première fois qu'on les attachait. D'abord Luis, puis Ingrid, mais elle se débattait. Là-dessus est arrivée "Gira", une guérillera qui était commandant en second de la compagnie qui s'occupait de nous et qui faisait aussi office d'infirmière. Ingrid lui a dit qu'elle ne les laisserait pas l'attacher, que c'était un outrage, et a demandé à Gira, parce qu'elle était une femme, de l'aider. Deux guérilleros s'y sont mis, "Efrén", le Noir, et un autre, très petit. Ingrid se débattait toujours, mais ils ont fini par réussir à l'enchaîner. Ingrid a dit à "Gira" que c'était une image gravée à jamais dans sa mémoire, qu'elle ne l'oublierait jamais, ce à quoi la guérillera a rétorqué : "Taisez-vous, vous n'avez aucune morale." (...) Plus tard, ils nous ont raconté succinctement ce qui s'était passé. La santé de Luis Eladio s'était dégradée pendant leur fuite, puis ils avaient terminé le peu de nourriture qu'ils avaient pu emporter. Ils se sont dit que, s'ils voyaient un pêcheur, ils lui demanderaient de l'aide. C'est alors qu'ils avaient vu une barque. Mais, en s'approchant, ils s'étaient rendu compte que c'étaient des guérilleros. Ceux-ci leur avaient dit : "Montez, fils de pute" et les avaient ramenés au camp. Ces quelques jours avaient causé chez Lucho et Ingrid un épuisement physique impressionnant ; ils sont revenus totalement usés, maigres, émaciés."
Mairie d'Arés
Une nouvelle commune vient d'accepter de participer aux opérations de soutien du comité de soutien "agir pour Ingrid", c'est la ville d'Arès.
Un grand merci à M Jean-Guy Perrière pour son soutien.
21 janvier 2008
Affiches et pétition.
Les portraits d'Ingrid BETANCOURT seront en mairie de Lège Cap-Ferret certainement le 23 janvier. Je tiens à remercier son maire M SAMMARCELLI pour son sympathique accord pour cet action.
.jpg)

