26 janvier 2008
Clara ROJAS interview RFI
RFI.fr - Madrid - 24/01/08 Deux semaines après sa libération, l’ancienne otage des FARC en Colombie a accordé à RFI son premier entretien avec un média international. RFI n’est pas une radio anodine pour les otages de Colombie : captée jusque dans la jungle grâce aux ondes courtes émises, elle leur permet de maintenir un contact avec la réalité, de ne pas perdre pied et d’avoir des nouvelles de leurs proches. Dans cette interview, réalisée à Madrid, Clara confirme qu’elle a été séparée d’Ingrid en octobre 2005 et que les dernières images de celle dont elle était la directrice de campagne l’ont inquiétée. Elle lance à Ingrid un appel au courage : « il y a beaucoup de gens qui l’aiment et qui agissent pour qu’elle puisse revenir ».
24 janvier 2008
Comité de soutien et la famille d'Ingrid rencontre M Uribe
Dimanche 20 janvier en fin d’après-midi, avec Lorenzo Betancourt, fils d’Ingrid, et Fabrice Delloye, ex-mari et père des enfants d’Ingrid, les représentants du Comité de soutien ont rencontré Alvaro Uribe, le président colombien. La demande de ce rendez-vous avait été effectuée samedi par le Comité de soutien auprès de l’Ambassadeur de Colombie en France, dans une perspective de dialogue constructif. Pour mémoire, nous tenons à rappeler que la seule et dernière rencontre entre des membres de la famille d’Ingrid et Alvaro Uribe remontait à 2002. D’autre part, c’était la première fois qu’un des enfants d’Ingrid et des représentants du Comité de soutien avaient la possibilité de dialoguer avec lui. Lors de cet entretien, nous avons rappelé au Président Uribe que nous condamnons fermement les agissements des FARC et plus particulièrement, leur pratique inacceptable de la prise d’otage. Pour autant, nous considérons comme impératif et urgent de créer une zone de rencontre pour parvenir à l’accord humanitaire. Dans cette optique, nous avons proposé la mise en place d’une force internationale d’interposition qui garantirait la sécurité et la sérénité des discussions. Le Président Uribe n’a pas refusé cette approche. Pour sa part, le président colombien a mis en avant le rôle primordial de l’Eglise catholique afin de commencer les discussions pour un accord humanitaire. Il s’est également dit favorable à la collaboration entre l’Eglise et une médiation internationale emmenée par la France, la Suisse et l’Espagne. A cet égard, l’entretien entre Nicolas Sarkozy et Alvaro Uribe revêtira une grande importance.La tentative d'évasion d'Ingrid Betancourt
Le livre Mon évasion vers la liberté de John Frank Pinchao, le policier prisonnier des FARC qui s'était évadé en avril dernier, doit sortir la semaine prochaine en Colombie. Dans l'un des chapitres, publié en avant-première par El Tiempo, l'ancien otage raconte l'une des tentatives d'évasion d'Ingrid Betancourt. Extrait.
John Frank Pinchao
"La nuit où Ingrid s'est enfuie était sombre et pluvieuse, et les guérilleros montaient la garde à tour de rôle, comme d'habitude. Celui qui venait de prendre la relève bavardait avec les autres guérilleros aux postes de garde ; ils nous avaient enchaînés les uns aux autres par les poignets. J'étais attaché au capitaine Bermeo [l'un des militaires pris en otage]. Il pleuvait à torrents. Le lendemain, deux paires de bottes avaient disparu, celles d'Amaón [Florez Pantoja] et de [José Miguel] Arteaga [deux des officiers otages], qui ont alors demandé aux guérilleros où elles étaient passées. Ces derniers ont répondu qu'ils n'en savaient rien et, comme certains guérilleros avaient des bottes en mauvais état, on a pensé qu'ils les avaient prises pour aller pêcher. Le sergent Marulanda devait donner la radio à Ingrid. Il est allé jusqu'à la cabane, l'a appelée en vain et a déposé la radio à côté de son lit. A l'heure du petit déjeuner, nous avons sorti nos casseroles pour qu'on nous serve et, comme d'habitude, ils ont compté les casseroles pour s'assurer que tout le monde ait à manger. Il en manquait deux. Nous nous sommes tous demandé qui n'était pas là, jusqu'à ce que quelqu'un finisse par dire que c'étaient les "docteurs" [Ingrid Betancourt, candidate à l'élection présidentielle enlevée en 2002, et Luis Eladio Pérez, sénateur enlevé par les FARC en 2001]. Ils sont allés les chercher pour savoir s'ils voulaient prendre leur petit déjeuner, mais, surprise, il n'y avait personne dans la cabane. L'alerte a alors été donnée à tous les guérilleros. Amaón est allé vérifier quelles bottes il y avait dans la cabane d'Ingrid, et c'était bien sûr les siennes. Comme elle savait bien que les guérilleros comptaient les bottes, la super-Ingrid avait pris celles d'Arteaga et d'Amaón et les avait mises chez elle pour qu'ils ne se doutent de rien. [...] Nous avons demandé aux guérilleros qu'ils nous disent la vérité sur la disparition d'Ingrid (la rumeur disait alors qu'elle allait être libérée) : nous voulions savoir s'ils allaient la libérer sans nous le dire, dans ce cas cela expliquerait qu'ils l'aient fait partir de nuit pour que nous ne nous rendions compte de rien, mais ils disaient que non, qu'elle s'était enfuie. Par la suite, les gardes, qui jusque-là assuraient chacun un tour de deux heures, ont été doublés et leur tour est passé à six heures. Des équipes de dix hommes battaient les alentours, chacun devant ratisser cinq à six mètres et cinquante à soixante mètres aux abords des cours d'eau. Nous les entendions aussi appeler Ingrid, sans succès. Nous les voyions rentrer épuisés, après de longues battues à la recherche de ces deux otages en quête de liberté. Au bout de cinq jours, Castellanos a dit : "Bonjour, docteur ! Alors, la balade a été bonne ?" Comme c'était un farceur, nous n'y avons tout d'abord pas cru, puis nous nous sommes retournés et avons vu Luis et Ingrid qui venaient d'arriver, exténués et amaigris. On leur a donné à manger, mais ils n'en avaient pas envie : après cet échec, c'est tout juste s'ils ont touché à la nourriture. Deux guérilleros sont venus les attacher : c'était la première fois qu'on les attachait. D'abord Luis, puis Ingrid, mais elle se débattait. Là-dessus est arrivée "Gira", une guérillera qui était commandant en second de la compagnie qui s'occupait de nous et qui faisait aussi office d'infirmière. Ingrid lui a dit qu'elle ne les laisserait pas l'attacher, que c'était un outrage, et a demandé à Gira, parce qu'elle était une femme, de l'aider. Deux guérilleros s'y sont mis, "Efrén", le Noir, et un autre, très petit. Ingrid se débattait toujours, mais ils ont fini par réussir à l'enchaîner. Ingrid a dit à "Gira" que c'était une image gravée à jamais dans sa mémoire, qu'elle ne l'oublierait jamais, ce à quoi la guérillera a rétorqué : "Taisez-vous, vous n'avez aucune morale." (...) Plus tard, ils nous ont raconté succinctement ce qui s'était passé. La santé de Luis Eladio s'était dégradée pendant leur fuite, puis ils avaient terminé le peu de nourriture qu'ils avaient pu emporter. Ils se sont dit que, s'ils voyaient un pêcheur, ils lui demanderaient de l'aide. C'est alors qu'ils avaient vu une barque. Mais, en s'approchant, ils s'étaient rendu compte que c'étaient des guérilleros. Ceux-ci leur avaient dit : "Montez, fils de pute" et les avaient ramenés au camp. Ces quelques jours avaient causé chez Lucho et Ingrid un épuisement physique impressionnant ; ils sont revenus totalement usés, maigres, émaciés."
Mairie d'Arés
Une nouvelle commune vient d'accepter de participer aux opérations de soutien du comité de soutien "agir pour Ingrid", c'est la ville d'Arès.
Un grand merci à M Jean-Guy Perrière pour son soutien.
21 janvier 2008
Affiches et pétition.
Les portraits d'Ingrid BETANCOURT seront en mairie de Lège Cap-Ferret certainement le 23 janvier. Je tiens à remercier son maire M SAMMARCELLI pour son sympathique accord pour cet action.
Le président colombien Alvaro Uribe a défendu lundi devant son homologue français Nicolas Sarkozy ses propositions pour la libération des otages de la guérilla des Farc, dans une contre-offensive diplomatique face au président vénézuélien Hugo Chavez.M. Uribe a entamé dimanche à Paris une tournée européenne qui le mènera en Espagne, en Suisse et à Bruxelles afin de souligner "les efforts" de son pays en faveur de la libération des otages, parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, une priorité de M. Sarkozy.
Mais il a, dans le même temps, réaffirmé son objectif "d'écraser" la guérilla marxiste des Farc, juste avant d'être reçu à la présidence et deux mois après une visite de M. Chavez à Paris.
M. Uribe a notamment demandé l'appui de M. Sarkozy après avoir relancé une médiation de l'Eglise catholique avec la participation d'émissaires venant de France, d'Espagne et de Suisse.
Cette médiation vise à parvenir à un échange entre 43 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt - ex-candidate à la présidentielle colombienne - et 500 guérilleros emprisonnés.
M. Sarkozy a apporté un soutien conditionnel à cette proposition, estimant qu'elle pouvait être "utile" si elle dispose de "garanties d'indépendance et de marges de discussion indispensables à son succès", a souligné la présidence.
Le président français a également "encouragé" Alvaro Uribe "à n'exclure aucun concours utile pour permettre en particulier la libération sans délai des otages", selon le porte-parole de l'Elysée David Martinon.
Hugo Chavez, qui vient d'arracher aux Farc la libération de deux otages, est considéré comme un acteur majeur par Paris pour aboutir à la libération de Mme Betancourt, détenue depuis près de six ans et récemment apparue à bout de forces.
M. Chavez accuse le président colombien, qui a mis fin en novembre à une médiation confiée à son homologue vénézuélien, de ne vouloir que "la guerre".
Les relations entre Caracas et Bogota traversent une grave crise après la décision de M. Chavez - qui qualifie M. Uribe de "pion des Américains" et de "lâche" - de reconnaître aux Farc le statut de belligérants et de demander à l'Union européenne de les rayer de la liste des organisations terroristes.
M. Sarkozy est resté prudent sur ce point. Il a répondu à M. Uribe "que la France demeurait solidaire des positions de l'Union européenne (...)". Pour Paris, les Farc doivent d'abord libérer leurs centaines d'otages avant tout changement d'attitude des Européens.
M. Uribe a qualifié de "très confiant, très sincère, très constructif" son entretien avec M. Sarkozy, le remerciant pour son soutien dans son combat "contre le terrorisme".
Partisan de la manière forte vis-à-vis de la guérilla, M. Uribe avait auparavant réaffirmé à la radio Europe 1 que sa priorité était de libérer les otages mais aussi "d'écraser les terroristes".
Le groupe des Farc "nous sommes en train de le vaincre (...) et il faut que la France le comprenne", a-t-il dit.
Il s'est toutefois dit prêt à négocier avec la guérilla si elle montre sa "bonne foi", ajoutant que jusqu'ici cela n'avait pas été le cas.
M. Uribe a défendu dimanche auprès du fils d'Ingrid Betancourt et de son père, Lorenzo et Fabrice Delloye, qu'il recevait pour la première fois depuis 2002, sa proposition de médiation de l'Eglise catholique.
"C'est la première fois que j'entends qu'il veut un dialogue mais je ne serai optimiste que lorsque les Farc auront accepté une zone de rencontre" pour instaurer un dialogue entre le chef de Farc Manuel Marulanda et M. Uribe, a expliqué à l'AFP Lorenzo Delloye.
Plus circonspecte, la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (Ficib) a estimé que M. Uribe était venu faire "une propagande anti-Farc en Europe".
20 janvier 2008
Selon le président colombien, cette décision vise à obtenir le soutien des trois pays européens au rôle de médiateur de l'Eglise catholique colombienne dans le cadre d'un échange entre 500 guérilleros prisonniers contre les 43 otages.La France, la Suisse et l'Espagne ont déjà participé à des initiatives conjointes pour un dialogue entre les Farc et le gouvernement de M. Uribe, en vue d'échanger des otages contre des guérilleros détenus.L'ex-otage colombienne Consuelo Gonzalez, libérée le 10 décembre en même temps que Clara Rojas, a souligné dimanche dans un entretien au journal espagnol El Pais que la libération des otages était devenue "une course conte la montre"."Le président (colombien, ndlr) s'est engagé à travailler intensément pour un accord humanitaire" déclare-t-elle au quotidien après s'être longuement entretenue avec Alvaro Uribe à l'issue de sa libération."Je lui ai dit que c'est une course contre la montre, contre la mort. La situation est tellement difficile que si nous ne faisons pas quelque-chose rapidement, ils (les otages, ndlr) pourront difficilement résister" indique encore Mme Gonzalez.
Pétition et affichage à Gujan-Mestras
19 janvier 2008
Isolée et malade
Fragilisée par près de six ans de captivité aux mains de la guérilla colombienne des Farc, Ingrid Betancourt a souffert d'un certain isolement après avoir connu des conflits avec ses geôliers, mais aussi avec ses compagnons de détention, selon des témoignages.
Consuelo Gonzalez, l'ex-parlementaire libérée la semaine dernière par la guérilla marxiste, a raconté que l'ancienne candidate à la présidence colombienne, qui possède aussi la nationalité française, s'était trouvée "un peu isolée" au sein du groupe à la suite de discussions politiques passionnées.
"Au début, nous parlions beaucoup de politique, nous commentions les nouvelles, mais rapidement nous nous sommes rendu compte que ces discussions, au cours desquelles certains adoptaient des positions très radicales, créaient des moments de tension, des conflits, et du jour au lendemain, nous avons décidé de ne plus parler de politique", a-t-elle révélé dans un entretien avec l'AFP.
"Avec Ingrid, mais aussi avec tout le groupe, nous avons traversé des périodes difficiles. Comme dans chaque groupe, il existe des moments de tension, de désespoir, et la détention elle-même génère les tensions", a poursuivi Mme Gonzalez.
Egalement libérée la semaine dernière, Clara Rojas, l'ancienne directrice de campagne de Mme Betancourt, enlevée à ses côtés en février 2002, avait indiqué qu'elles s'étaient brouillées à la suite d'une tentative d'évasion ratée.
Et en mai 2007, le sous-officier John Frank Pinchao Blanco, ancien compagnon de détention de l'otage franco-colombienne, qui venait de s'évader d'un camp des Farc, avait aussi évoqué ces discussions houleuses.



